Les nappes d'eau profondes : l'Albien et le Néocomien

L'Albien et le Néocomien

Le Crétacé inférieur regroupe plusieurs étages géologiques datant du secondaire qui contiennent, dans le bassin parisien, deux nappes d’eaux douces d'excellente qualité : l'Albien et le Néocomien.

La nappe de l’Albien est exploitée depuis le milieu du XIX° siècle (voir histoire du forage du 1er puits). Une quinzaine de forages a été réalisée jusqu’en 1930. Le développement du forage " rotary " allait favoriser la création d’une trentaine de nouveau forages en 5 ans.  Les volumes annuels prélevés ont alors atteint 34 millions de m3. Dès 1935, soucieux de maîtriser l’exploitation de la nappe, les pouvoirs publics instauraient une législation spéciale (décret-loi du 8 août 1935) soumettant à autorisation préalable tous les forages de plus de 80 mètres de profondeur en Ile-de-France.

En 1973, les prélèvements étaient revenus à 16 millions de m3 et se sont  stabilisés depuis aux alentours de 17 millions de m3 par an (voir l'évolution des prélèvements de 2002 à 2008 et la carte de situation des forages 2006 en région Ile-de-France).

C’est en 1982 que le premier forage au Néocomien a été mis en exploitation à Bruyères le Châtel (91). Un autre forage a été réalisé en 1995 au Coudray-Montceaux (91).

Ces deux nappes ont fait l'objet d'une synthèse hydrogéologique réalisée par le Bureau des Recherches Géologiques et Minières (BRGM) sur un financement de l'agence de l'eau Seine-Normandie et du Ministère des Finances et de l'Industrie (crédits appuis aux DRIRE).

Le 7 octobre 2004, la DRIRE Ile-de-France, en partenariat avec la DIREN et l'Agence de l'Eau Seine-Normandie, organisait un colloque consacré aux nouvelles règles de gestion des nappes profondes de l'Albien et du Néocomien. Près de 170 participants étaient présents pour écouter les interventions des services de l'Etat, de maîtres d'ouvrages et de bureaux d'études. Le directeur a annoncé à cette occasion que le rôle de police de la DRIRE Ile-de-France pour ces aquifères sera étendu à l'ensemble du bassin Seine-Normandie ; la circulaire interministérielle du 26 novembre 2004 relative à la police et la politique de l'eau a confirmé cette position.

Les actes complets de ce colloque sont disponibles au téléchargement (format PDF - environ 600 ko)

 

Le SDAGE

Le Schéma Directeur d'Aménagement et de Gestion des Eaux du bassin Seine-Normandie concernant les nappes de l'Albien et du Néocomien a été modifié par arrêté préfectoral n°2003-248 du 24 février 2003.

La rédaction du SDAGE est la suivante :

"A l'intérieur du périmètre tel que défini sur la carte de l'annexe I, la nappe de l'Albien et la nappe sous-jacente du Néocomien doivent être exploitées de manière à assurer impérativement leur fonction de secours pour l'alimentation en eau potable.

Les prescriptions suivantes sont applicables aux prélèvements :

1. pour permettre une meilleure répartition des forages afin d'assurer la fonction de secours, le volume annuel prélevable dans le système aquifère de l'Albien et du Néocomien est porté de 22 millions de m3 à 29 millions de m3 compte tenu des rabattements acceptables induits par une augmentation des prélèvements en routine. Ce volume supplémentaire est réparti par département en fonction de la population à secourir en cas de crise à l'exception du département de la Seine Maritime pour lequel le volume est minoré pour se prémunir des risques d'invasion d'eau salée.

2. les demandes de nouveaux prélèvements sont soumises à l'avis de la Mission déléguée de Bassin compte tenu de la nécessité d'une coordination et d'une planification de la ressource en eau au niveau interrégional.

3. les nouveaux prélèvements ne pourront être accordés que dans la mesure où leur localisation géographique s'inscrit de manière cohérente dans les zones d'implantation préférentielle des nouveaux forages de secours telles que figurées sur la carte de l'annexe II. En cas de concurrence entre deux projets pour l'implantation d'un forage sur un secteur géographique donné, la priorité est donnée à l'alimentation en eau potable. S'il s'agit de projets industriels, la priorité est donnée à celui qui justifie de la nécessité d'utiliser une eau d'une telle qualité non disponible par ailleurs, à des coûts raisonnables, compte tenu des autres ressources et des technologies existantes de traitement de ces eaux et dont l'implantation satisfait au mieux la fonction de secours.

4. les nouveaux prélèvements doivent être compatibles avec les volumes maximaux fixés par département et le débit en exploitation courante de chacun des nouveaux forages indiqués dans le tableau de l'annexe III.

5. le niveau des pompes des forages actuels et futurs doit être tel que l'ouvrage soit opérationnel à tout moment pour faire face à une alimentation de secours, pendant une durée de trois mois, au débit de 150 m3/h ou à défaut de pouvoir atteindre ce débit, au débit maximal exploitable connu lors des essais de pompage. Les forages actuels et futurs exploitant ces nappes doivent impérativement pouvoir être raccordés sous 24 heures aux dispositifs de distribution d'eau potable de secours ultime quels qu'ils soient. Les ouvrages existants devront être mis en conformité avec ces prescriptions dans un délai de 5 ans à compter de l'approbation de la modification du SDAGE.

6. les volumes de prélèvement autorisés sont révisés si le niveau piézométrique de référence calculé à partir des piézomètres représentatifs en Ile-de-France descend en dessous de la cote 31 m NGF avant le 31 décembre 2008 (1).

7. les autorisations de prélèvement des forages existants ne peuvent être révisées à la hausse. En cas d'abandon d'un forage, le volume autorisé peut être reporté sur de nouveaux ouvrages implantés conformément à la carte de l'annexe II.

8. le modèle de gestion des nappes de l'Albien et du Néocomien construit pour élaborer les présentes prescriptions est mis à jour régulièrement en fonction des données acquises (nouveaux forages réalisés, évolution des prélèvements et de la piézométrie notamment).


(1) L'indicateur piézométrique se compose de 3 piézomètres : L'isle Adam, Paris XIII, La Houssaye en Brie

La piézométrie de l'indicateur est donnée par la formule : Hindic(t) =aHa(t) + cHc(t) +dHd(t)

avec : H niveaux piézométriques a = 0.334941 pour l'Isle Adam c = 0.299319 pour Paris XIII d = 0.408454 pour La Houssaye

Cette combinaison permet de représenter fidèlement la variation et la valeur du niveau moyen de la nappe de l'Albien


Annexe I : Zonage à l'intérieur duquel les règles de gestion de l'Albien et du Néocomien sont proposées dans le cadre du SDAGE

Situation par rapport aux limites administratives et aux limites du bassin Seine-Normandie

Annexe II :



Annexe III : Volumes maximaux autorisables par département (1)

Département
Volume actuel prélevé
(en m3/an)
Volume annuel supplémentaire pour une augmentation du volume global de 7 Mm3/an (an m3/an)
Volume total (en m3/an)
Nombre de nouveaux forages (2)
Volume annuel moyen en routine par nouveau forage (en m3/an)
PARIS (75)
225 000
515 000
740 000
4
129 000
SEINE-ET-MARNE (77)
174 000
853 000
1 027 000
8
107 000
YVELINES (78)
8 010 000
119 000
8 129 000
1
119 000
ESSONNE (91)
3 552 000
257 000
3 809 000
2
129 000
HAUTS-DE-SEINE (92)
3 866 000
892 000
4 758 000
5
178 000
SEINE-SAINT-DENIS (93)
3 453 000
386 000
3 839 000
4
97 000
VAL DE MARNE (94)
0
877 000
877 000
7
125 000
VAL D'OISE (95)
0
790 000
790 000
6
132 000
EURE ET LOIR (28)
0
291 000
291 000
2
146 000
LOIRET (45)
1 110 000
41 000
1 151 000
1
41 000
YONNE (89)
1 249 000
74 000
1 323 000
1
74 000
AUBE (10)
0
187 000
187 000
1
187 000
MARNE (51)
0
404 000
404 000
3
135 000
AISNE (02)
0
121 000
121 000
1
121 000
OISE (60)
0
548 000
548 000
4
137 000
EURE (27)
496 000
259 000
755 000
2
130 000
SEINE MARITIME (76)
76 000
309 000
358 000
5
62 000
Totaux arrondis
22 000 000
7 000 000
29 000 000
57
123 000

(1) Pour les départements de l'Aisne, la Marne, l'Yonne, le Loiret et l'Eure et Loir, le volume départemental correspond aux seules zones recoupées par le périmètre tel que défini à l'annexe I. En dehors de ce périmètre, et en particulier dans les zones d'affleurement, les règles de gestion du SDAGE ne sont pas applicables.

(2) Le chiffre indiqué est basé sur une productivité maximale par forage de l'ordre de 150 m3/h permettant de secourir environ 180 000 habitants par nouveau forage en période de crise. Si localement le productivité réelle des ouvrage s'avérait nettement inférieure à 150 m3/h, le nombre de ces derniers pourrait être augmenté de façon à pouvoir couvrir effectivement les besoins de secours de la population. Le volume total annuel par département en période de routine (hors situation de crise) ne serait cependant pas augmenté du fait de l'augmentation du nombre de forages.

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