lundi 12 juillet 2004

INFORMATION PRESSE

Création d'un pôle risque à la DRIRE d'Ile-de-France : des renforts pour une action plus efficace des pouvoirs publics en matière de prévention et de contrôle des établissements à risque

La direction régionale de l'industrie, de la recherche et de l'environnement (DRIRE) d'Ile-de-France est en charge de l'inspection des 2000 installations classées autorisées dans les départements de la grande couronne, dont 28 sites à risque technologique majeur dits Seveso seuil haut (voir en annexe carte et glossaire). Ces derniers ont dû actualiser leurs études de dangers en 2001 et 2002, en application de la directive Seveso 2.

Pour améliorer son efficacité, la DRIRE Ile-de-France a complété son dispositif de prévention des risques industriels en associant aux inspecteurs en charge du suivi local des sites à risque majeur une équipe de spécialistes basée au siège régional et appelée pôle risque.

Avec la mise en place de ce pôle, un travail collectif a permis à ce jour l'aboutissement de l'analyse de douze études de dangers Seveso 2 qui ont conduit les industriels à investir au total plus de quinze millions d'euros pour améliorer la sécurité de leurs installations.

De plus, le pôle participe aux inspections approfondies des établissements Seveso organisées annuellement sur un thème régional. En 2003, ces inspections approfondies ont révélé la nécessité d'une plus grande implication des directions d'établissement dans la politique de prévention des accidents majeurs.

Le pôle risque a aussi vocation à piloter des campagnes de contrôles ciblés, comme celle menée en 2003 dans les entrepôts de logistique qui a confirmé la faiblesse de nombreux entrepôts dans la prise en compte du risque incendie.

Contacts : DRIRE Ile-de-France
Division environnement
Tel : 01-44-59-48-83
Mèl : environnement.drire-idf@industrie.gouv.fr
Pôle communication
Tel : 01-44-59-47-39


Un pôle régional pour la prévention des risques technologiques majeurs

Dans le cadre du renforcement de l'inspection des installations classées décidé par le Gouvernement à la suite de l'accident de Toulouse du 21 septembre 2001, la DRIRE Ile-de-France a bénéficié de la création de trois nouveaux postes dédiés spécifiquement à la prévention des risques majeurs.

C'est ainsi qu'elle a créé le 1er mai 2003 un pôle régional de prévention des risques industriels, qui a ensuite été renforcé en 2004.

Aujourd'hui composé de cinq ingénieurs, spécialisés dans les différents types de risques : explosion, incendie, toxique, pyrotechnique, etc., ce pôle de compétence a pour missions :

Ce pôle constituera en outre le centre d'excellence du réseau national des DRIREs dans le domaine de la prévention des accidents majeurs dans les dépôts pétroliers.


Les conclusions des études de dangers ont conduit à la mise en oeuvre par les exploitants de mesures de réduction du risque sous le contrôle de l'État

Les vingt-huit sites Seveso seuil haut de la grande couronne francilienne ont dû actualiser leurs études de dangers en 2001 et 2002.

La DRIRE Ile-de-France est en charge de l'examen de ces études et a déjà fait expertiser vingt-quatre d'entre elles par des organismes indépendants.

Tout en vérifiant si l'ensemble des facteurs de risques a bien été pris en compte dans l'étude de dangers, la DRIRE demande plus particulièrement aux exploitants de rechercher systématiquement les mesures concrètes de réduction du risque « à la source » c'est-à-dire les mesures qui peuvent être mises en oeuvre pour diminuer la survenue des accidents et pas seulement pour en limiter les conséquences.

Lorsque la DRIRE considère acceptables les mesures issues de l'étude de dangers, elle prépare un arrêté préfectoral pour prendre acte du programme d'investissements proposé par l'exploitant. A ce jour, douze arrêtés préfectoraux d'amélioration de la sécurité ont été présentés aux conseils départementaux d'hygiène. Ils représentent au total plus de quinze millions d'euros d'investissements industriels (voir en annexe 2 : tableau d'avancement des études de dangers).

Plusieurs établissements ont ainsi amélioré les dispositifs de sécurité ou réduit les sources de risques présentes sur leur site :

  • Grande Paroisse à Grandpuits (77) : augmentation de la sécurité des unités de stockage et d'expédition d'ammoniac : investissement de 1,2 M€ déjà réalisé (dont l'implantation d'une torchère permettant d'isoler les sphères d'ammoniac en cas d'incident nécessitant l'arrêt de la fabrication) auquel s'ajoute un investissement de 1,3 M€ jusqu'en 2007 ;
  • CIM à Coignères (78) : augmentation des capacités de lutte contre l'incendie avec création d'une pomperie autonome en mai 2002 pour un montant de 600 k€ ;
  • SMCA à Chennevières les Louvres (95) et Athis Mons (91) : réduction du risque d'épandage de produits pétroliers, en cas d'explosion d'un bac, par création d'un point de rupture privilégié sur chacun des bacs selon un programme de travaux étalé sur deux années, pour un montant de 4 M€ ;
  • TOTAL France à Mormant (77) : réduction de la quantité d'acide fluorhydrique mise en oeuvre dans l'unité d'alkylation ; travaux programmés en 2005 pour un montant de 4,8 M€ ;
  • Raffinerie du Midi à Compans (77) : amélioration des moyens de lutte contre l'incendie par la mise en place de dispositifs fixes commandés à distance et étanchéification des cuvettes de rétention ; travaux programmés en 2005 pour un montant global de 4 M€ environ.

Des inspections approfondies menées en 2003 et début 2004 ont révélé un déficit d'outils de management dans le domaine de l'organisation de la prévention des accidents majeurs

Chacun des vingt-huit sites Seveso seuil haut de la grande couronne francilienne fait l'objet, chaque année, d'une inspection approfondie par deux inspecteurs (voir annexe 3 : inspection des sites seveso seuil haut en grande couronne).

Les inspecteurs de la DRIRE Ile-de-France ont fait porter leur examen, en 2003 et début 2004, notamment sur deux aspects organisationnels imposés aux exploitants à la suite de la transposition de la directive Seveso 2 :

Ces inspections ont mis en évidence une gestion correcte du retour d'expérience lorsqu'il s'agit de prendre des actions correctives à la suite d'incidents. Cependant la détection des « accidents évités de justesse », par l'analyse des défaillances de dispositifs ou éléments importants pour la sécurité, n'est pas opérationnelle sur l'ensemble des sites ; la plupart des sites font preuve de lacunes sérieuses sur ce thème.

D'une manière générale, les outils dont se sont dotés les sites pour mesurer l'efficacité de leurs systèmes de management de la sécurité restent sommaires et mal définis. Seuls quelques sites font preuve de dynamisme dans ce domaine et disposent aujourd'hui d'un système plus élaboré.


Une campagne de contrôles inopinés des entrepôts a mis en lumière des non-conformités dans plus d'un cas sur trois

Fin 2003, trente-quatre entrepôts de logistique, soit 15 % du parc de la grande couronne francilienne, ont été inspectés de manière inopinée par la DRIRE Ile-de-France, afin de dresser un constat du niveau global de sécurité de ces établissements.

Les contrôles ont porté sur la conformité des installations à la réglementation en matière de maîtrise du risque d'incendie.

Globalement au moment de la campagne de contrôles, de nombreux établissements ne respectaient pas les dispositions relatives au confinement des eaux d'extinction d'incendie susceptibles d'être polluées, les états des stocks ne permettaient pas de connaître les produits présents dans l'entrepôt ce qui peut être préjudiciable en cas de sinistre et les stockages étaient davantage organisés en fonction des impératifs d'exploitation que des exigences de sécurité. En effet les inspecteurs ont constaté dans plusieurs cas la présence de produits susceptibles de réagir entre eux.

Dans quatorze cas sur trente-quatre, les écarts constatés ont été jugés suffisamment importants pour que les inspecteurs proposent aux préfets de département de mettre les exploitants en demeure de corriger la situation.

Le bilan de ces inspections inopinées met également en évidence que :


GLOSSAIRE

Etude de dangers : ensemble des réflexions, travaux, déterminations expérimentales menées par l'exploitant destiné :

Système de gestion de la sécurité (SGS) : ensemble des dispositions organisationnelles mises en oeuvre par l'exploitant ayant pour objet la prévention et le traitement des accidents majeurs (procédures, modes opératoires, consignes, plans de formation, ...).

Politique de prévention des accidents majeurs : politique mise en place par l'exploitant en vue de prévenir les accidents majeurs et de limiter leurs conséquences pour l'homme et l'environnement.

Plan d'opération interne : ensemble de dispositions mises en place par l'exploitant pour gérer les conséquences d'un accident.


ANNEXE 1

Cartographie des sites Seveso seuil haut (relevant de la réglementation ICPE) de la grande couronne d'Ile-de-France. Source : DRIRE Ile-de-France


ANNEXE 2 : Tableau d'avancement des études de dangers

(*) GP :GRANDE PAROISSE à Grandpuits, seules les activités présentant les risques les plus importants sont mentionnées. 8 autres activités ont fait l'objet de remise d'une étude de dangers en cours d'analyse.

(**) TOTAL France : raffinerie TOTAL France à Mormant, seules les activités présentant les risques les plus importants sont mentionnées. 12 autres activités ont fait aussi l'objet de remise d'une étude de dangers en cours d'analyse.


ANNEXE 3 : Inspections des sites Seveso seuil haut(*) en grande couronne

Etablissement

Commune

Activité

Date d'inspection

Département de Seine et Marne : 14 établissements

KERAGLASS

BAGNEAUX SUR LOING

Verrerie

16 décembre 2003

CRISTAL UNION

BRAY SUR SEINE

Dépôt d'alcool et distillerie

11 décembre 2003

RAFFINERIE DU MIDI

COMPANS

Dépôt pétrolier

19 septembre 2003

SICA

GOUAIX

Dépôt d'engrais

22 décembre 2003

GRANDE PAROISSE

GRANDPUITS BAILLY CARROIS

Fabrication d'engrais

17 octobre 2003

RAFFINERIE TOTAL

GRANDPUITS BAILLY CARROIS

Raffinerie

24 et 25 septembre 2003

EPHS (ENTREPOTS PETROLIERS HAUT)

LA ROCHETTE

Dépôt pétrolier

12 février 2004

COGNIS France

MEAUX

Fabrication de produits chimiques

22 octobre 2003

ELASTOGRAN FRANCE

MITRY MORY

Stockage de produits toxiques

3 novembre 2003

GAZECHIM

MITRY MORY

Stockage de gaz toxiques

8 octobre 2003

SOGIF

MOISSY CRAMAYEL

Fabrication d'oxygène liquide

16 juin 2003

DISTRIGAL

MONTEREAU FAULT YONNE

Dépôt de gaz de pétrole liquéfié

16 octobre 2003

HYDRO AGRI FRANCE

MONTEREAU FAULT YONNE

Dépôt d'engrais

20 octobre 2003

HAYS LOGISTIC

SAVIGNY le TEMPLE

Stockage de produits agro pharmaceutiques

14 janvier 2004

Département des Yvelines : 5 établissements

RAFFINERIE DU MIDI

COIGNIERES

Dépôt pétrolier

11 mars 2004

CIE INDUSTRIELLE MARITIME

COIGNIERES

Dépôt pétrolier

18 mars 2004

TOTAL

GARGENVILLE

Dépôt pétrolier

20 janvier 2004

DUNLOPILLO

MANTES-LA-JOLIE

Fabrication de mousses

24 février 2004

COPAL

TRAPPES

Stockage de produits agro pharmaceutiques

22 janvier 2003 (inopinée)

Département de l'Essonne : 6 établissements

SMCA

ATHIS MONS

Dépôt pétrolier

9 octobre 2003

CIE INDUSTRIELLE MARITIME

GRIGNY

Dépôt pétrolier

21 mai 2003

ANTARGAZ

RIS ORANGIS

Dépôt de gaz de pétrole liquéfié

19 mars 2003

ROCKWOOD

St CHERON

Stockage de substances dangereuses

20 décembre 2003

ISOCHEM

VERT LE PETIT

Fabrication de produits chimiques

25 avril 2003

SME

VERT LE PETIT

Fabrication de substances explosives

19 juin 2003

Département du Val d'Oise : 3 établissements

SMCA

CHENNEVIERES LES LOUVRES

Dépôt pétrolier

3 octobre 2003

AMPERE INDUSTRIE

ST OUEN L' AUMONE

Stockage de produits toxiques

13 octobre 2003

NCS PYROTECHNIE ET TECHNOLOGIE

SURVILLIERS

Fabrication de substances explosives

4 mars 2003

(*) : hors stockages souterrains de gaz

Source : DRIRE Ile-de-France